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Guide juridique · Mis à jour May 2026

Délais de paiement entre entreprises : ce que dit la loi en 2026.

Selon la Banque de France, environ une défaillance de TPE sur quatre est directement liée à des retards de paiement. Quand un gros client paie à 75 jours au lieu de 30, c'est la trésorerie d'un fournisseur de trois salariés qui se vide. Bonne nouvelle : la loi française est plutôt côté créancier. Voici l'arsenal légal qui te protège, et comment l'activer.

Sommaire

  1. Le délai de paiement légal : 30 jours par défaut
  2. Les délais spécifiques par secteur
  3. Pénalités de retard automatiques
  4. Indemnité forfaitaire 40 € : la pépite oubliée
  5. Bonnes pratiques pour se protéger en amont
  6. Voies de recours si le client persiste
  7. Sanctions des grandes entreprises mauvaises payeuses
  8. Comment LIMBO automatise tout ça

Beaucoup d'entrepreneurs croient que « le client a 60 jours pour payer » est une vérité universelle. C'est faux. Le délai légal de droit commun, fixé à l'article L441-10 du Code de commerce, est de 30 jours après réception de la marchandise ou exécution de la prestation. C'est ce qui s'applique quand rien n'est précisé au contrat.

Le contrat peut prévoir un délai plus long, mais pas n'importe lequel. Le plafond imposé par la loi est strict :

Toute clause qui prévoit un délai supérieur (par exemple 90 jours, fréquent chez certains grands donneurs d'ordre) est réputée non écrite : c'est le délai légal de 30 jours qui s'applique d'office, et tu peux exiger les pénalités à partir de J+31 même si le contrat disait autre chose.

2. Les délais spécifiques par secteur

Pour protéger des filières où les retards de paiement font des dégâts disproportionnés (agriculture, transport, BTP), le législateur a fixé des plafonds plus serrés. Voici la grille à retenir :

SecteurDélai maximumTexte de référence
Standard (B2B classique) 60 jours date facture ou 45 jours fin de mois L441-10 Code de commerce
Agroalimentaire périssable 30 jours après livraison L443-1 Code de commerce
Transport de marchandises 30 jours date d'émission de la facture L441-11 Code de commerce
BTP — sous-traitance 45 jours fin de mois Loi 75-1334 modifiée
Marchés publics 30 jours (50 jours pour les établissements de santé) R2192-10 Code de la commande publique

Le délai sectoriel l'emporte toujours sur le délai standard. Un transporteur qui accepterait par contrat un règlement à 60 jours se ferait quand même appliquer le plafond de 30 jours par tout juge saisi.

3. Pénalités de retard : automatiques, même si non mentionnées

Quand le délai légal ou contractuel est dépassé, les pénalités courent de plein droit, c'est-à-dire sans qu'aucune mise en demeure ne soit nécessaire. Le compteur tourne dès le lendemain de la date d'échéance. C'est l'un des dispositifs les plus puissants du droit français en matière de paiement entre entreprises, et pourtant le moins activé par les TPE.

Deux taux sont possibles, au choix du créancier (à indiquer sur la facture et dans les CGV) :

Pour un débiteur qui paie 30 jours après l'échéance une facture de 10 000 € HT, ça représente facilement 100 à 120 € d'intérêts moratoires à réclamer — somme modeste sur une facture, mais signal fort que tu suis tes encours. Et c'est ce qui fera la différence si tu dois passer aux relances : voir la marche à suivre détaillée pour récupérer une facture qui ne rentre pas.

4. Indemnité forfaitaire 40 € : la pépite oubliée

C'est le dispositif le plus méconnu et pourtant le plus rentable côté TPE. Le Décret n° 2012-1115 du 2 octobre 2012, codifié à l'article D441-5 du Code de commerce, prévoit une indemnité forfaitaire de 40 € HT par facture impayée à l'échéance, destinée à couvrir tes frais de recouvrement.

Les règles du jeu :

Cette mention obligatoire est l'une des nouveautés que la réforme facturation 2026 va rendre encore plus traçable : les factures électroniques au format Factur-X exposent ces champs dans un XML structuré, ce qui rendra les contestations sur l'absence de mention beaucoup plus difficiles.

5. Bonnes pratiques pour se protéger en amont

Le meilleur impayé est celui qui n'arrive jamais. Cinq réflexes de base, applicables dès la prochaine facture émise, qui réduisent drastiquement les retards et te mettent en position de force si le contentieux survient :

6. Si le client persiste : voies de recours

Tu as relancé en amical, puis en ferme, puis envoyé une mise en demeure en recommandé avec accusé de réception — rien ne bouge. Il faut passer au contentieux. Quatre voies, à choisir selon le montant et le profil du débiteur :

  1. L'injonction de payer. Procédure simplifiée et non contradictoire devant le tribunal de commerce (créance B2B) ou le tribunal judiciaire (créance B2C). Frais de greffe autour de 35 €, délai de 1 à 3 mois, pas d'avocat obligatoire jusqu'à 10 000 €. Le juge rend une ordonnance qui est signifiée par huissier ; si le débiteur ne fait pas opposition sous un mois, l'ordonnance devient exécutoire et l'huissier peut saisir. C'est le rapport coût/efficacité le plus favorable pour une créance incontestable.
  2. Le référé provision. Si ta créance est « manifestement non sérieusement contestable » (factures signées, livraison attestée, pas de contestation antérieure du client), le juge des référés peut condamner le débiteur à te verser une provision — souvent 100 % du montant — en 15 à 30 jours. Avocat recommandé, procédure plus coûteuse que l'injonction, mais contradictoire donc plus difficile à faire annuler. Idéal pour les créances importantes où le débiteur risque d'attaquer l'injonction par opposition pure.
  3. Saisine du Médiateur des entreprises. Médiation gratuite, confidentielle, animée par les services de Bercy. Particulièrement adaptée quand le débiteur est une plus grande entreprise et que tu veux préserver la relation commerciale future. Délai moyen 2 à 3 mois. À tenter avant ou en parallèle d'un recours judiciaire.
  4. Signalement DGCCRF (ex-DDPP). Pour les très gros débiteurs récidivistes qui font de la trésorerie sur le dos de leurs fournisseurs, un signalement à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes peut déclencher un contrôle administratif. Les sanctions sont lourdes — voir section suivante — et le simple lancement d'un contrôle DGCCRF est souvent assez pour débloquer la situation.

7. Sanctions des grandes entreprises mauvaises payeuses

Depuis la loi Sapin II (2016), les manquements répétés aux délais légaux de paiement sont sanctionnés administrativement par la DGCCRF, sans qu'un client mécontent ait besoin de saisir un juge. L'arsenal :

Côté statistiques, la situation s'améliore mais reste perfectible. Les données publiées par l'Observatoire des délais de paiement (Banque de France) montrent que les grands groupes français paient en moyenne avec un retard d'une dizaine de jours après l'échéance, tandis que les TPE/PME paient globalement en temps et en heure leurs propres fournisseurs. Le déséquilibre est connu, documenté, et il nourrit l'arsenal législatif depuis 2008.

8. Comment LIMBO automatise tout ça

La théorie c'est bien ; en pratique, suivre les délais de paiement, calculer les pénalités au jour le jour et préparer un dossier d'injonction de payer, ça représente facilement une demi-journée par semaine quand tu factures cinquante clients par mois. LIMBO Pro automatise les quatre étapes critiques :

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